Je l'ai déjà posté, ici ou ailleurs. Mais l'époque, dont la vaillance intellectuelle frise la mollusquerie, oblige à remettre les analyses bourdieusiennes sur le devant de la scène.

Qui tapinera le mieux pour la Marine? Qui aura bien rangé sa chambre pour inviter le Front National à son gouter d'anniversaire?

Les médias "mainstream" rivalisent d'ingéniosité dans l'art de la compromission et de la flatterie crasse pour attirer la bête qui fait vendre.

Après que le mal soit fait et que la blonde fasciste soit passée du statut de "fille du borgne haineux" à celui de patronne respectable du "premier parti de France"... deux, trois mecs se sont demandés si peut-être, éventuellement, en dernier ressort, ils n'auraient pas une infime part de responsabilité dans la popularité de cette couineuse identitaire.

On ne peut pas critiquer la télévision à la télévision. Et malgré quelques tentatives (Arret sur Image, chroniques diverses sur Arte) la remise en question et le recul n'existent pas.

Et ne me parlez pas de cette vaste bouffonnerie du Petit Journal...

Yann Barthès est à la critique médiatique et politique ce que Les Chtis est au cinéma, ce que Vargas est à la littérature, ce que Booba est au rap, ce que BHL est à la philosophie, ce que Pujadas est au journalisme....: le règne de la médiocrité lucrative, la domination du simplisme sur la simplicité, l'abandon de toute exigence artistique, intellectuelle et sociologique, le privilège du bouffon sur le fou.

La majorité des gens est peut-être conne, se satisfaisant du mâché, du pré-chié et de la vacuité joyeuse. Peu importe, je n'ai jamais cru en la majorité.

Retour à l'accueil