Léa Salamé, adoubée par le Nouvel Observateur (étendard de la gauche version 2015), comme "la journaliste de l'année", n'en finit plus d'émouvoir les petits et les grands.

Chroniqueuse sur France Inter entre 2 moments où sévissent les rebelles Patrick Cohen et Dominique Seux, Léa Salamé revoit l'actualité en invitant ceux qui (selon elle) la font.

"Subversive", "bonne journaliste", "elle pose des questions qui dérangent"... Fichtre, une journaliste sans concession sur France Inter...? Je veux la rencontrer!

Le 18 mai 2015, elle recevait Jean-Pierre Mignard, l'avocat des familles de Zyed et Bouna.

La mort de Zyed et Bouna, poussés vers un transformateur edf en 2005 par la flicaille qui les pourchassait, avait émue (un peu) la France et avait enflammé de nombreux quartiers.

Après 10 ans de procédures et des éléments accablants à l'encontre de la police dans ce dossier, les deux flicaillons sont ressortis définitivement relaxés. Très très relaxés.

Voici ce que la subversive Léa Salamé nous racontait ce 18 mai 2015:

Impressionant. Et très révélateur. Léa Salamé, journaliste, femme issue de l'immigration défendant avec vigueur la justice française... Cette justice qui a insulté une nouvelle fois une des minorités qu'elle ne daigne pas considérer... Léa Salamé, rappelant fermement à son interlocuteur que "le droit a été dit" et qu'on se doit de respecter cette décision..

Sale. Vilain. Moche. Léa Salamé a beau être belle et intelligente, elle n'en est pas moins un de ces chiens de garde qui veillent à ce que le système se maintienne. Plus l'enveloppe est jolie plus la carotte est grosse.

J'écris (encore) cela ici car il semble que Léa Salamé plaise à bien plus de monde que je ne le pensais. Alors j'utilise volontairement la même réthorique que j'utilisais il y a 10 ans, empruntée aux plus grands critiques médiatiques. Cette réthorique que certains ne veulent plus entendre car elle un peu vieillie et moins séduisante que les yeux de Léa. Penser que cette journaliste est subversive c'est comme croire que Zaz a du talent et que c'est une chanteuse engagée.

D'ailleurs comment croire que la 1ère matinale de France, qui parle quotidiennement à des millions de travailleurs déjà fatigués, pourrait employer une voix dissonante et subversive?

Il ne peut y avoir de véritable critique du système au sein des médias dominants (télé ou radio en tête). La sélection insidieuse  qu'elle éxerce écarte cette possibilité. Pratiquer l'illusion de la subversion ou bien rendre ridicule cette subversion en la travestissant est le sport préféré des champions médiatiques de la sociale-démocratie.

Les rares journalistes qui critiquent ou dénoncent le système sont soit marginalisés, volontairement ou non, (Pierre Carles) soit victime d'un acharnement de leur propres "confrères" (Denis Robert). Le reste c'est de l'animation. 

Voici la 4e de couverture de la Zone du Dehors, d'Alain Damasio (que j'invite à lire pour ceux qui ne le connaissent pas) :

" 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution. En perdant beaucoup. En gagnant tout. Premier roman, ici réécrit, La Zone du Dehors est un livre de combat contre nos sociétés de contrôle. Celles que nos gouvernements, nos multinationales, nos technologies et nos médias nous tissent aux fibres, tranquillement. Avec notre plus complice consentement. Peut-être est-il temps d'apprendre à boxer chaos debout contre le swing de la norme? "

 

 

Léa Salamé, la subversion au rabais
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