Poutou chez Ruquier : analyse d'un mépris de classe

Philippe Poutou était l'invité de Ruquier et de son équipe de chroniqueurs bidons et garants volontaire de l'ordre des choses.

Un ouvrier chez les stars, qui en plus est du NPA, n'utilise pas la novlangue, refuse l'idéologie dominante, ne porte pas de cravate et n'est pas avide de pouvoir... On se préparait à la franche déconnade mondaine, à la poellade complice et au plaisir cynique du moqueur dominant. L'entretien fut plus qu'à la hauteur puisque nos compères, excités par la chair pauvre et médiatiquement peu expérimentée de ce pauvre hère à la communication non réglementaire, s'en sont donnés à coeur joie. En même temps, mes amis, être ouvrier et candidat à l'élection présidentielle.... quelle audace! Ces gens-là n'ont-ils diantre aucune raison?

L'ambiance était celle d'une fin de repas d'une émission paillarde et bon enfant. On digérait les analyses fines des économistes de France Télévisions, on rotait les délicieux sondages et les dernières statistiques, et vaillants, on se resservait un peu de croissance et de Macrons glacés. Puis on fit entrer Philippe Poutou dans l'arène médiatique, comme jadis un monarque envoyait chercher son bouffon afin qu'il le divertisse. Il n'y eut plus alors ni retenue, ni décence. On engloutissait du mépris qu'on vomissait puis qu'on engloutissait à nouveau, sous fond d'humour potache et de connivence malsaine. Les gorges étaient déployées, les questions outrancières et l'intérêt pour cet être économiquement insignifiant était evidemment inexistant. Ca transpirait entre bourgeois con-descendents. Si Ferreri avait réalisé l'émission, il l'aurait appelée La grande bouffe médiatique. Ils suintaient leur mépris graisseux comme s'ils venaient de grailler une bûche au praliné après une raclette en plein mois d'août.

Persuadé d'être pertinents et galvanisés par leur irrespect des "petits candidats" (expression au combien méprisante), la blondasse, l'écrivain raté et l'animateur persuadé d'être humoriste ont cru croquer le non-charismatique Philippe Poutou. Mais celui-ci, après leur avoir pardonné leur beauferies intrinsèques et essuyé ce foutage de gueule scandaleux a défendu ses arguments avec ardeur et sans jamais tomber (ou quasiment jamais) dans les pièges de leurs questions calibrées. Enfin, il l'a fait dans le temps que ces messieurs-dames de la cour ont bien voulu lui laisser, une fois que leurs fou-rires insupportables se sont estompés. C'est donc dans ce temps très court qu'il a parlé avec sincérité et passion, sans jamais être dupe de ce dîner de cons inversé.

Je vous laisse être juges de cette séquence vidéo. En 2e lien, l'analyse d'un youtubeur gentillet mais dont l'intervention sur ce sujet précis est très efficace. Et enfin, un extrait de film qui me semble parfaitement coller à la situation.

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