Boxes
L'époque aime les coups d'éclat, les figures, les cagnottes et les feux de paille.
Deux matches eurent lieu le même jour.
L'un d'eux opposa un gaillard à mains nues à quelques gardiens en armures.
L'autre un commandant de police, décoré de la légion d'honneur qui tabasse un homme calme adossé à un mur et entouré de flicaillons.
Pas le même type de boxe. Pas les mêmes objectifs, pas les mêmes soutiens et bien-sûr pas la même couverture médiatique.
L'attaque de policiers par l'ex-boxeur a tourné en boucle sur les chaines d'info, le tabassage surprise et lâche de ce pauvre gars par le commandant fraichement honoré était quant à lui passé sous silence. C'est ce qu'on appelle un choix éditorial. Et donc politique. Quelques rares médias ont depuis, et dans d'extrêmes nuances et concessions, évoqué l'affaire Didier Andrieux mais on les compte sur les doigts d'un manchot.
Quoiqu'il en soit tout ceci dit une chose, c'est bien la fin de la décence ordinaire.